Le grand Faune, Paul Dardé

Énigmatique et rieur

1920

En 1920, l'année de réalisation du grand Faune, la grande guerre est terminée depuis deux ans et les circonstances occupent Paul Dardé à des œuvres funéraires. Mais le directeur de la revue nationale l'Art et les Artistes, Armand Dayot, qui a contribué à la découverte de Dardé, ne l'oublie pas. Il œuvre dans l'ombre pour lui attribuer un atelier rue de l'Université à Paris, et lui présente les frères Regnault, de riches industriels et mécènes, commanditaires de l’œuvre. C'est en apercevant un « bout de croqueton » sur lequel Dardé avait esquissé un Faune que Georges Regnault lui commande la sculpture.


Paul Dardé se met à l’œuvre dans son nouvel atelier parisien et les blocs de pierre d'Euville sont acheminés par la Seine. L'artiste s'applique à terminer la sculpture pour le 1er mai 1920, jour de l'ouverture du Salon du Grand Palais. Exposé aux côtés de l’Éternelle douleur, un autre de ses chefs-d’œuvre, le Faune est remarqué et concentre toute l’attention des visiteurs. Les critiques élogieuses pleuvent et sont presque unanimes. Grâce à ce succès retentissant, Paul Dardé recevra le prix national des arts qui récompense l'artiste le plus remarquable de l'année, toutes disciplines confondues.


Parcours de l’œuvre

Cédée à l'état français par Georges Regnault (commanditaire) en 1920

Exposée dans le parc de l'hôtel Biron (musée Rodin, Paris) de 1923 à 1927

Exposée dans le parc du Domaine de Vizille (Isère) de 1927 à 2006

Déposée par le CNAP au Musée de Lodève en 2006

Installée dans les murs du musée en 2018

Cet objet appartient à la collection "Mémoires de pierres".

Œuvre monumentale : 4 mètres, 14 tonnes.

Pierre d'Euville, taille directe

Dardé Paul, Le Grand faune, Hall © Musée de Lodève

Le Faune de Paul Dardé dans le hall d'accueil du Musée de Lodève

Le grand Faune de Paul Dardé dans l'accueil du musée © Vincent Fillon