Buste de Tolstoï, Paul Dardé

La fascination pour un grand humaniste

vers 1927

Le premier contact de Dardé avec l’œuvre de Tolstoï date de la Première Guerre mondiale. Alors qu'il est soigné à l’hôpital Saint-Charles de Montpellier, il se lie d'amitié avec un médecin, Bouzansky, ancien déporté de Sibérie. En avril 1917, le médecin lui envoie un texte de Tolstoï « Je ne peux pas me taire », qu'il traduit et accompagne de cette dédicace « A mon cher ami Paul Dardé, M. Bouzansky, avril 1917. Lisez ce livre si triste et si humain. Ces quarante pages contiennent presque toute la philosophie et toute la morale du grand Tolstoï. » Suite à cette lecture, Paul Dardé produit un dessin représentant Tolstoï assis au pied d'un arbre. Armand Dayot, directeur de la revue l'Art et les Artistes le fera paraître dans un numéro spécial sur la Russie (2nd semestre 1917). La feuille est titrée « Le dernier tourment de Tolstoï », et dédicacée : « Votre Paul Dardé, tailleur de pierre ».

 

Ce buste est réalisé en 1927, alors que Paul et Alice Dardé vivent sur le Larzac dans le dénuement le plus total. Faisant fi de la misère matérielle, Dardé travaille, sculpte en plein champ, et extrait lui-même les blocs de pierre qu'il taille ensuite dans son atelier. C'est cette pierre austère, un calcaire dur et froid, que l'artiste choisit pour tailler le buste de Tolstoï. La monumentalité de l’œuvre, non imputable à ses dimensions, réside surtout dans l'exécution presque brutale, sans recherche d'une quelconque finition, comme pour mieux transcrire la force du personnage.

Cet objet appartient à la collection "Mémoires de pierres".

Hauteur : 60 cm

Calcaire du Larzac, taille directe

Dardé Paul, Tolstoi © Xavier Delaporte