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Collections Beaux-Arts

Paul Dardé (1888-1963)

L'identité principale des collections Beaux-Arts du musée de Lodève, est constituée par les œuvres de Paul Dardé (1888-1963), issues du fonds d'atelier de l'artiste acquis par la ville de Lodève en 1972, ainsi que d’œuvres acquises dans le cadre de la politique d'enrichissement des collections menée par le musée depuis les années 1987. Cette collection regroupe aujourd'hui près de 2 800 dessins et 567 sculptures de Paul Dardé, faisant ainsi du musée de Lodève l'institution de référence pour la production de cet artiste.

En raison du chantier des collections (récolement/restauration) ainsi que des travaux de rénovation et d'extension du musée, les collections Paul Dardé ne sont pas visibles actuellement. 

Dardé sculpteur

Le fonds d'atelier, enrichi par les acquisitions successives, confère à la collection de sculptures une grande diversité. Cette dernière, regroupe des œuvres de différentes époques et montre différents stades d'élaboration : modelages, moules, moulages, taille directe, bronzes. La confrontation et le dialogue entre ces œuvres - études et œuvres abouties-, permet aujourd'hui de mieux comprendre le processus créatif de Paul Dardé.

Du début de sa carrière, sont conservés des hauts reliefs en gypse ainsi que des modelages en argile, dans lesquels les sujets semblent s'extirper de la matière, comme si Paul Dardé n'avait eu qu'à les révéler, à les faire éclore de la terre ou de la pierre. Les œuvres de la décennie 1920 sont nombreuses, et correspondent à la période de notoriété que connaît à cette époque le sculpteur (il obtient le prix national des arts en 1920). Sont conservés entre autres de cette époque, une Tête de christ (bronze fondu par Rudier), Le Grand Faune assis (pierre d'Euville), une maquette de Laocoon (plâtre), L'Enfant au lièvre (marbre), La Cheminée monumentale, la série des bustes de Macbeth (plâtres), L'Homme préhistorique (plâtre et pierre)... Malgré le succès qu'il rencontre, Dardé ne cède jamais à la facilité durant cette période. Il conserve cette liberté, cette farouche indépendance qui caractérise tant l'homme que son œuvre. Des années postérieures à 1930, la collection comporte notamment le Christ aux outrages, La Femme damnée et une Ophélie.

Dardé illustrateur

Les 2 800 œuvres sur papier que compte la collection, mettent essentiellement en évidence deux grands ensembles : les dessins préparatoires aux sculptures, et de grandes séries, illustrations des œuvres importantes de la littérature (Shakespeare, la Chanson de Roland). L'artiste qui signe fréquemment « Paul Dardé, sculpteur », a produit des dessins d'une extraordinaire force. Différentes techniques sont représentées, et les œuvres sur papier sont souvent réalisées à l'encre de Chine, mais on rencontre également le lavis ou la gouache.

Note Bibliographique
Paul Dardé (1888 – 1963)

Paul Dardé naît en 1888 à Olmet dans l'Hérault, dans une famille paysanne. Il abandonne l'école à l'âge de 13 ans, mais fréquente assidûment la bibliothèque municipale et lit énormément : de la Bible à Zola, en passant par Dante et Shakespeare.

Dès son adolescence, son père lui permet d'aménager un coin de cellier en atelier de sculpture et de peinture. A 24 ans, il fait son service militaire à Montpellier, passe quelques temps aux Beaux-arts ainsi que dans l'atelier de Rodin. Un an plus tard, en 1913, il réalise un de ses chefs-d’œuvre, une Tête aux serpents (encore appelée L'Éternelle douleur) en gypse, dont l'État fera l'acquisition six ans plus tard et qui est aujourd'hui conservée au Musée d'Orsay. A Montpellier, il reçoit sa première commande d'un monument à ériger sur la voie publique : une statue de Jeanne d'Arc. Durant les premiers mois de la Grande guerre, il est mobilisé comme brancardier. Il restera longtemps traumatisé par cette guerre, durant laquelle il continue néanmoins de produire quelques dessins.

En 1919, il se marie avec Alice Caubel, et l'administration lui attribue un ancien atelier de Rodin, où il réalise le Grand Faune assis qui lui vaudra, en 1920, le Prix national des arts.

A 32 ans, Dardé quitte Paris pour rejoindre le Lodévois et s'installe à Soubès, où il réalise le premier de ses monuments aux morts. Trois ans plus tard, il commence La Cheminée monumentale (conservée dans la Halle Dardé à Lodève) qu'il présente l'année suivante à l'Exposition internationale des arts décoratifs. La Cheminée ne trouve pas d'acquéreur, peut-être à cause de ses dimensions devenues délibérément monumentales. Les frais engagés pour réaliser cet ouvrage, participent à plonger Dardé dans une grande précarité financière. Il en résulte la vente aux enchères de son atelier et de son contenu.

Sans ressources, l'artiste est aidé par quelques amis, dont le cinéaste américain Rex Ingram qui l'emploie dans un de ses films Le Magicien, pour la Metro Golwyn Meyer. En 1927, il est hébergé successivement à Nice, Nîmes, la Vacquerie, Chaumes-en-Brie (où il travaille au monument de René Quinton), et trouve finalement à Lodève un petit atelier sur l'avenue de la Gare, où il réalise L'Homme préhistorique pour le musée national de la Préhistoire en Dordogne, le Christ aux outrages, et La Femme damnée, figurant quelques années plus tard au Salon des Artistes français.

En 1936, âgé de 48 ans, il commence la construction d'un grand atelier à Saint-Maurice Navacelles. Vingt ans plus tard (1956), il quitte Saint-Maurice Navacelles pour s'installer dans la maison d'une de ses sœurs, à Lodève, et continue de produire énormément de dessins. Son état de santé ne lui permet plus de réaliser de grands ouvrages en taille directe, technique devenue trop physique pour lui.

Il décède à l'hôpital de Lodève, le 29 décembre 1963.

Historique de la collection

En 1972, La ville de Lodève achète à Alice Dardé le fonds d'atelier de Paul Dardé. Les collections sont présentées dans l'Hôtel du Cardinal de Fleury (actuel musée de Lodève), l'inauguration a lieu en 1987.

2014 : Début des travaux d'extension / rénovation du musée de Lodève avec un espace de 350 m2 qui sera consacré à l’œuvre de Paul Dardé en 2016.

 

Art contemporain

L'art contemporain dont la collection a été initiée depuis peu, réunit des œuvres en lien avec les expositions réalisées et provenant essentiellement de dons effectués par les artistes (Alain Campos, Ofer Lelouche, Odon, Ionas, André-Pierre Arnal...). Quelques-unes de ces œuvres sont directement liées à la ville de Lodève, dans laquelle les artistes ont été invités en résidence.

Ces collections ne sont pas exposées actuellement.